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Européen dans les 4 ans. "Le sport a cela de fantastique qu'il est un éternel recommencement". Christophe Guérin, président du directoire de l'Entente Orléanaise 45 admet que la montée de l'équipe dans la cour des grands suppose une fois encore de se remettre en question pour atteindre de nouveaux objectifs. Le titre de champion de France obtenu au Palais Omnisport de Paris Bercy n'était pas une fin en soi. Il faut maintenant confirmer la qualité non seulement du groupe, mais aussi de la formidable structure qui l'entoure pour en faire un concurrent de premier plan national, voire international. C'est ce que Christophe Guérin appelle " la feuille de route 2010". Arriver en Pro A, c'est jouer avec les 18 meilleures équipes françaises du moment et savoir pourtant garder des prétentions. En la matière, le président de l'Entente n'hésite pas une seconde : "Notre objectif est d'être européen dans les quatre prochaines années, avec une nouvelle salle et une organisation professionnelle". Une concurrence sévère. Mais avant cela, il faudra défendre son rang parmi les plus aguerris de l'élite, jouer le maintien dans cette catégorie et apprendre par la force des choses à gagner moins de matches que par le passé. La concurrence est d'autant plus sévère que dans les prochaines années, le règlement change et l'élite professionnelle ne comptera plus que 14 équipes au lieu des 18 actuelles, c'est que l'on appellera la Super Ligue. C'est dire que le ticket d'entrée est cher, et ce, à tous points de vue. Jouer en Pro A suppose d'avoir un centre de formation pour préparer les plus prometteurs des jeunes espoirs du basket ; l'Entente avait anticipé et possède déjà le sien. Il faut aussi entretenir ses équipes Espoir, Minime et Cadet avec pour chacune d'elles un entraîneur dédié. Ainsi voit-on que le sport professionnel n'est pas qu'une façade, il impose de se donner les moyens pour construire, encadrer et faire gagner une "équipe première". "C'est là que l'on parle de professionnalisme, poursuit Christophe Guerin, avec les bonnes personnes placées aux bons endroits et qui mettent tout en ?uvre pour que l'entreprise réussisse". Se donner les moyens de ses ambitions. Car à ce niveau, il s'agit bien d'entreprise avec des salariés : joueurs, entraîneurs, médecins, un directeur et des administratifs, ainsi qu'un budget : celui de l'Entente approche les 2,5 millions d'euros pour couvrir les salaires, les déplacements, l'hébergement ou encore la communication, essentielle à ce niveau de la compétition. Et pourtant, on est encore loin des 6 millions d'euros de Pau-Orthez ! Ce budget est comme un trépied. Il s'appuie sur la participation des 130 sponsors, sur les recettes privées du club et sur l'aide des collectivités. Le Conseil général soutient en effet l'Entente avec constance depuis plusieurs années déjà : en moyenne 150 000 euros pour chacune des quatre saisons passées. Compte tenu des résultats de l'équipe et de la montée en Pro A, l'Assemblée départementale a décidé de revaloriser sa contribution afin de soutenir au mieux les basketteurs orléanais dans leurs nouvelles ambitions. Un club généreux et ambitieux. En retour, il y a un projet à long terme, un fort potentiel, une structure solide et un bon entraîneur, donc tous les ingrédients sont réunis pour que l'équipe atteigne les sommets européens convoités par le Président. Tout, y compris la mission sociale et éducative que se donne l'Entente, notamment sous l'égide du Conseil général. Les joueurs s'engagent même contractuellement à prendre part à la vie locale. C'est ainsi qu'ils participent à des actions citoyennes comme des séances de dédicace pour des associations de handicapés, des matches exhibition dont les produits sont reversés à l'enfance en difficulté, à la recherche contre le cancer ou le SIDA. Il n'est pas rare non plus de croiser les joueurs dans les établissements scolaires. " C'est en quelque sorte notre second trépied, explique Christophe Guérin : compétitivité, obligation de formation des jeunes, valeur d'exemple ". Ce souci d'intégration dans la cité est majeur, tant pour les jeunes qui ont besoin d'ambition et d'humilité que pour les entreprises qui retrouvent les valeurs de travail, de rigueur et d'éthique. Force est de constater que la recette fonctionne bien et justifie que les collectivités soutiennent l'effort.
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