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Un immense appétit de savoir. De la botanique à l'architecture navale, le domaine de ses recherches était sans limite. Selon Condorcet, il était " un des hommes les plus instruits d'Europe ", correspondant aux quatre coins du continent avec les sociétés savantes. Les forêts françaises lui doivent beaucoup. Il y a introduit le pin de Riga, le chêne rouge d'Amérique et le cèdre du Liban. De 1755 à 1768, il publia la bible des forêts, le Traité des arbres et des forêts. Ce fut un best-seller pour son époque, traduit dans plusieurs langues. Né en 1700 à Paris, Henry-Louis Duhamel est le troisième enfant du seigneur de Denainvilliers, terre proche de Pithiviers. Il fait son droit à Orléans puis étudie à Paris au Jardin du Roi (futur Jardin des plantes). Grand humaniste, Duhamel est convaincu que le progrès conduira à une société meilleure. Diderot parle de lui comme du modèle du savant philanthrope. Une vie vouée à la science. Duhamel acquiert en 1727 une propriété à Pithiviers-le-Viel, le Domaine du Monceau. L'année suivante, il connaît son premier titre de gloire en sauvant le safran du Gâtinais et du Pithiverais ravagé par un mystérieux champignon. Sa découverte lui ouvre les portes de la prestigieuse Académie des Sciences. Il alterne séjours à Paris, voyages à travers l'Europe et retour sur ses terres. L'homme y retrouve sa famille, en particulier son frère aîné et ses neveux, qui l'aident dans ses recherches. Duhamel ne se marie pas et semble avoir voué sa vie à la science. Les terres du Monceau, de Vrigny et de Denainvilliers se transforment en plantations. Le savant y teste grandeur nature ses recherches. Il poursuit des recherches sur le machinisme agricole et sur la conservation des grains. Il est un des initiateurs des mouvements agronomiques du XVIIIe siècle. Il est aussi un pionnier de la météorologie en réalisant quarante années de constations climatiques sur ses terres. Une carrière de grand commis de l'Etat. À partir de 1731, il ajoute à toutes ses activités une carrière de grand commis de l'Etat. Le ministère de la Marine cherche une technique pour courber le bois de construction des vaisseaux. Duhamel se charge de l'étude. Il sillonne les ports et les arsenaux. La marine lui est redevable d'un nombre incalculable d'avancées dans les domaines des constructions, de la corderie, de la voilerie et de l'artillerie. Promu en 1739 Inspecteur général de la Marine, il fonde quelques années plus tard l'Académie de Marine. Jusqu'à la fin de ses jours, il fera autorité dans ce domaine. C'est d'ailleurs sa collection de maquettes qui sera à l'origine du musée de la Marine de Paris. Homme de génie, d'observation et d'intuition, Henry-Louis Duhamel du Monceau meurt en 1782, couvert de gloire et d'honneurs. L'homme a depuis sombré dans un quasi anonymat, connu de seulement quelques spécialistes. Il a mérité aujourd'hui de retrouver toute sa place dans l'histoire.
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