Garros
"Arbre Seul"

pastel sur carton
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Peinture
" LES TERRES-LUMIERE

Le troisième élément

Il y tant de choses qui nous invitent aux festins de la terre...

Ici, en Beauce, le regard est immobile, forcément patient, aux aguets.
Le regard va de la terre au ciel, avide de fulgurances sous l'ombre des hasards, ému de troublantes séductions et de l'éblouissement des nuances.
Au-delà des clichés habituels du soleil couchant ou de l'or des blés, il arrive même parfois de parcourir ici des terres symétriques de la mer, des espaces désertiques ou rien ne se dérobe à la vue, mais où les horizons peuvent s'évanouir.

Comme une musique répétitive lancinante et subtile, Dominique GARROS a choisi d'aborder les trois éléments d'une étude infinie dans un cadre volontairement limité: ouvrir la fenêtre de sa chambre sur un morceau de plaine beauceronne, par-dessus les toits, pour recueillir, inscrire en temps réel, à la vitesse du vent l'abondance d'atmosphères, les signes du ciel, le découpage des champs, la migration des lumières, le déploiement des couleurs.

Avec pour toute arme pastels gras et pastels secs, Dominique capture l'instant, le frémissement, la permanence et la confusion des éléments.

" Guet pâle d'où se meut l'audace des ardents ".
Le résultat semble gravé. Il est serein, secret, léger, gourmand à son image.

Dominique s'est pourtant imposée des règles toutes classiques pour laisser s'élever de la terre au ciel le troisième élément, l'arbre.
Beau symbole de l'éveil.
Verticalité légère, effleurée, ouverte à tous les bruissements, résistant aux vents, aux noirceurs du dépouillement.

Dominique renvoie au clou les regards machinaux.
Des arbres enfilés comme des perles surgissent indifféremment de la terre brune printanière aux saveurs de pistache chocolat, de celle des moissons aux allures de savane pour pointer au ciel les songes d'un ailleurs.

Ciel envahisseur, ciel devinette.
Exploration sourde, vive, obstinée, inlassable et précise.
Ciel abîme, cadences fortes de la lumière, envoûtement de l'instant, tempos irrésistibles.
Mirages confrontés du ciel et de la terre, passage des saisons, transitions imperceptibles, effacement et recomposition de l'horizon.
Comment ne pas céder à la fascination de ce magnifique exercice ?
Comment résister à cette invitation au voyage ?
Ne pas poser sa joue sur la vitre du temps en regardant défiler les arbres bordant les chemins ?
" Car l'arbre des champs est-il un homme ? Deuléronome "

Aïch BENGIO

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