La plupart du temps, quand elle ne tend pas à représenter
d'une manière que l'on croit fidèle, un homme,
une femme, un animal ou une scène édifiante,
la sculpture nous procure un étrange sentiment.
Cette sorte de mal-aise provient de notre inconsciente
tentation de rechercher, de reconnaître notre propre image
idéalisée dans la sculpture.
Bien souvent, hélas, notre regard aigu se détourne.
Pourtant, depuis la nuit des temps,
la sculpture avant même la peinture,
a érigé la figure de l'homme, dressé dans une muette
interrogation face au cosmos, aux esprits,
à la pensée, à lui-même.
Retrouvant ce geste immémorial et complexe
qui consiste dans un même temps, à choisir,
isoler et mettre en œuvre,
Denis Pugnère perpétue, à sa façon, cette longue
et inépuisable quête qui dans la matière
en appelle à l'esprit. Que l'espace d'un instant,
celui - ou celle - qui regarde, consente à être
" déchirure ", " accident ", " poème ", " couple ",
à être pierre, lave, marbre, bronze...