Une matière vernissée, chatoyante, creusée de mille signes,
hiéroglyphes et tracés gravés dans une pâte docile,
la peinture d'André Quétard est reconnaissable.
Les rouges et les bleus éclatent dans ses compositions
où l'étagement des plans rappelle ceux
de la peinture japonaise.
On peut parfois y voir des silhouettes minuscules
cheminer sur des lignes, comme vues du ciel,
d'un cerf-volant d'observation.
Les traces, les signes gravés pourraient être aztèques,
mayas ou égyptiens, cela n'a pas d'importance.
En fait, ils sont un langage purement créé par le peintre.
Ils ne veulent signifier que l'incommunicable,
le récit de l'émotion du regard,
glissant au long des arêtes, d'une plage de couleurs
saturée à une autre, d'un passage à l'autre,
d'un tableau dans le tableau à un autre.
L'espace de la toile devient une fenêtre ouvrant
sur un monde vu de haut, comme on regarde la vallée
depuis les neiges éternelles, attirante vallée
que l'on sait inéluctable,
vers laquelle tôt ou tard il nous faudra redescendre.