En cette fin de siècle, durant lequel l'art contemporain a traversé
les frontières de l'expression artistique jusqu'à la disparition totale
de l'ouvre elle-même, Yves CLERC tente de réhabiliter celle-ci
pour la libérer de l'excessive conceptualité de l'art actuel. Il réaffirme
la présence de l'objet créé, vecteur indispensable de la communication entre le créateur et son destinataire. Ainsi, il numérote chacun
de ses tableaux, comme une caisse en transit vers un pays lointain,
et les estampille de sa signature-tampon à l'allure administrative.
Yves CLERC élabore un projet sous forme de dessins. Il sculpte ensuite une maquette en réduction faite de terre et de tissus. Ce modèle
éclairé par des lumières théâtrales sera finalement peint
selon une technique faite de frottis et de superpositions de couleurs
tout à fait propre à l'artiste.
L'univers qu'il nous propose est un monde fait d'artifices,
de personnages de théâtre aux costumes chatoyants, de danseuses
aux poses éthérées, d'objets surdimensionnés. Nous sommes
dans la représentation distanciée, à mille lieux du quotidien
et de l'instant vécu. Nous sommes dans un monde qui semble devoir durer éternellement mais... qui n'existe pas, nous sommes de l'autre côté du miroir et les clefs pour en sortir ne sont pas données.
C'est à chacun de nous de les inventer... nous sommes dans l'univers
de la peinture."