John-Franklin Koenig
"Fenet Car"

Collage
80 x 60 cm
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Peinture
"La passion de l'art est toujours aussi vive chez John-Frankin KOENIG, engagé dans un vrai combat pictural, dont les débuts en 1952 se confondent avec la grande aventure de l'abstraction lyrique défendue par la revue "Cimaise", fondée la même année, dont il est le co-fondateur et la galerie Jean-Robert ARNAUD, où il fait figure de porte drapeau de la nouvelle génération. Né à Seattle, sur la côte du Pacifique, cette ville ouverte sur les grands espaces et tournée vers l'Extrême-Orient, n'est pas étrangère à son constant besoin de renouvellement qui lui fait revendiquer le besoin d' "être ouvert le plus possible au présent avec liberté". Peintre et voyageur insatiable, il absorbe l'espace propre à la nature qu'il confronte à son espace imaginaire.

Des premiers papiers collés qu'il réalise dès son arrivée à PARIS en 1948, auxquels il ne cesse de revenir, aux ouvres plus récentes, il libère des formes en mouvement qui répondent aux vastes étendues, à l'unisson de sa contemplation intérieure. Son abstraction se veut la sublimation du réel, celle de l'harmonie universelle qu'il capture par les formes segmentées, animées de vibrations tonales où dominent les verts, les bleus, les rouges profonds, qui ménagent des ocres diaphanes et des transparences en osmose avec cet "espace-lumière", détenteur d'une méditation émerveillée. Une peinture de KOENIG respire le silence et participe de l'espace zen. Un espace qui bannit toute allusion à une image et à un récit. Pour traduire cet univers plastique et poétique, il a recours aux moyens traditionnels de la peinture.

Avec ferveur, il interroge la forme jusqu'à la dissoudre ou bien revient aux figures du cercle, du triangle, des carrés irréguliers dans des compositions bipartites ou tripartites. Les signes graphiques, semblables à des balafres s'inscrivent dans des sillons qui creusent une matière épaisse, se dispersent ou encore, des barres colorées déchirent la surface. Son lyrisme s'appuie sur cette dichotomie, tant formelle que chromatique, et accentue le renversement de l'ordre horizontal-vertical, dans une volonté d'expansion ouverte sur l'illimité. Peintre et poète, il écoute et se laisse imprégner par les sensations vitales. En passant de TOBEY à la musique baroque, des multiples manifestations du monde à la "musique muette" du poète RUMI, à la spiritualité orientale, KOENIG tente de rejoindre par la tactilité de la matière, l'élan premier. Gestuel, exalté, mesuré, discipliné, il doit s'accorder à chaque invention picturale pour créer une nouvelle harmonie en accord avec son émotion. La modernité de la peinture de John-Franklin KEONIG est dans sa tentative à retrouver une certaine virginité du monde.

Lydia HARAMBOURD, Historienne, Ecrivain d'art
- Avril 2001
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