Georges Buchin
"Pyramides"

dessin encre de chine
70 x 100 cm
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Peinture
" Ma démarche repose essentiellement sur une interrogation de notre devenir. Pour l'exprimer j'ai chois, par dérision, un des problèmes marquants de notre temps : l'envahissement des déchets. Dérision mais aussi récupération et régénérescence puisque mes oeuvres trouvent leur consistance dans ces rebuts.
Par exemple mes sculptures accumulations sont des visions prémonitoires d'un bestiaire post-historique. Ces mutants survivront, nourris de détritus, au point d'en prendre les formes, dans des anamorphoses les plus inattendues.
Mes dessins, sur toile, partent de la même préoccupation : des déserts, ou vagues déferlantes, de millions d'objets qui envahissent et débordent l'espace. Humour noir, sur demain, où l'homme est absent, sans doute balayé par sa propre folie.
L'uniformité du blanc me sert comme une sorte de palimpseste. Je retrouve dans mon travail cette citation de Kandinsky sur le blanc : " Le blanc, que l'on tient souvent pour une non-couleur apparaît comme un symbole d'un monde, d'où toutes les couleurs, en tant que propriétés matérielles et substances, auraient disparu. Ce monde est tellement au dessus de nous, qu'aucun son ne nous en parvient. Il en vient un grand silence, qui nous apparaît représenté matériellement comme un mur froid à l'infini, infranchissable indestructible. C'est pourquoi le blanc agit également sur notre âme (psyché) comme un grand silence, absolu pour nous. Il résume intérieurement comme un non-son, ce qui correspond sensiblement à certains silences en musique ; ces silences ne font qu'interrompre momentanément le développement d'une phrase, sans en marquer l'achèvement définitif. C'est un silence qui n'est pas mort, mais plein de possibilités. Le blanc sonne comme un silence qui pourrait subitement être compris. C'est un néant qui est jeune ou, plus exactement, un néant d'avant la naissance, d'avant le commencement . J'ajouterais plutôt d'avant le recommencement ".

" Certains artistes prennent des autoroutes déjà tracées et, à la station de service à la mode, font le plein d'opportunisme. D'autres, comme Buchin, choisissent un sentier de brousse qu'ils défrichent, acceptant l'imprévisible et les découvertes. Ils ne le quittent jamais, indifférents aux appels venus des zones turbulentes où se font et se défont les vogues. Le parcours est long mais, un jour, ils découvrent la clairière.
Il se dégage de l'oeuvre de Buchin, comme un aura métaphysique mais aussi sa dérision et son humour sont des politesses du désespoir, des interrogations sur notre devenir ".

G.L.T. (Art Tension).


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