« Les Simonnet créent
des formes. Ils sont boulimiques et voyeurs. Ils veulent voir et donner à
voir quantité de formes. Des formes qui sont quelque part dans un ailleurs
que certains appellent imaginaire, mais qui pour eux est bien réel
puisqu’ils le conçoivent, le sentent, le palpent, le façonnent
avec leurs mains.
Leur processus de création est au départ volontairement rationnel,
parfaitement objectivé. Les problèmes formels sont mis sur
table. Une volonté de maîtriser ses intuitions et ses choix,
de les analyser, de les disséquer pour aller à l’essentiel.
A l’épuré. Un souci permanent de traquer l’inutile,
le parasite, le non voulu. Interroger la forme à sa naissance, se
laisser interroger par elle. Une méthode rigoureuse, efficace, constructive
au vrai sens du terme. Grâce à cette rationalité, l’approche
peut être collective. Les intelligences vont se conjuguer au lieu
de s’exclure.
Les formes sont analysées, disséquées, décomposées
en éléments de base plus fondamentaux, plus minimalistes que
nous appelons modules. Ces modules sont des formes élémentaires
qui peuvent relever de la géométrie pure comme la sphère,
le cylindre ou le tore. Ils peuvent être plus complexes et même
échapper parfois volontairement à cette géométrie
pour se rapprocher du vivant, des formes qui respirent, qui évoluent
en dimension comme un volume, qui sont en gestation. Ces modules ne sont
pas le fruit du hasard. Ils traduisent une volonté bien précise,
issue d’une analyse, un principe épuré, une idée
circonscrite.
… Les modules sont aux compositions formelles, aux sculptures, ce
que les mots sont aux phrases, des composants du sens… »
J.M.S.
« Si les Simonnet s’intéressent à la création
de formes au niveau du processus intellectuel de leur élaboration,
ils n’en négligent pas pour autant certains domaines d’application.
C’est ainsi qu’ils créent dans des secteurs comme le
jeu d’extérieur pour enfants, le mobilier sculpture ou le cerf
volant monumental. Autant de domaines où peut s’exercer la
nécessaire confrontation de la création avec le grand public. »