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Une ambiance magique.
A quelques pas du pont Thinat gît une écluse
érodée par le temps : souvenir historique
indélébile des grandes heures du canal d'Orléans.
Déclassé par l'État en 1954 pour manque
de rentabilité (voir encadré historique),
ce vestige royal du XVIIe siècle n'en reste
pas moins l'une des plus remarquables curiosités
touristiques du Département. Aujourd'hui
comblé et recouvert par l'asphalte des parkings
du quai du Roi, le tracé du canal peut paraître
morne et monotone. Mais la patience du promeneur
est vite récompensée.
En effet,
dès le premier repère du "Cabinet Vert"
où la route s'écarte et les bruits s'apaisent,
le marcheur pénètre dans cette ambiance
unique où, pendant quelques kilomètres,
il peut cheminer sur un mince ruban pierreux
séparant la Loire et le canal accolés l'un
à l'autre jusqu'à Combleux. Les belles maisons
de front de Loire font le charme de cette
portion du parcours. Quelques colverts gourmands
guettent le pain des promeneurs tandis que
les cormorans se livrent à d'incessantes
plongées à la recherche de leur ration de
poisson.
Un double-visage.
Les remparts du château de Saint-Loup marquent
l'arrivée à Saint-Jean-de-Braye, jadis bourg
de vignerons et de mariniers. Sur les murs
de cet imposant édifice, l'échelle des crues
ligériennes témoigne des importantes inondations
de 1846 et 1856. Le temps de saluer quelques
joggers et VTTistes qui font du canal un
véritable parcours de santé et le touriste,
poursuivant le chemin de halage, parvient
à Combleux, élégante bourgade fleurie. Passé
l'écluse de la Patache, d'où la vue panoramique
sur la Loire reste imprenable, "L'Hôtel
de la marine" évoque avec grâce le temps
où Combleux était un port et abritait des
mariniers.
Parfois,
une gabare amarrée rappelle la richesse
de cette histoire. Un détour par les bords
de la Loire permet est l'occasion de contempler
les maisons typiques des bateliers ainsi
que les nombreuses barques des pêcheurs.
Après l'écluse, le canal, remontant vers
le nord-est pour entrer dans les terres
laisse le fleuve plus au sud. Le second
visage du canal apparaît alors. Plus sauvage,
il offre un véritable havre de paix... Au
loin Chécy où Jeanne d'Arc traversa la Loire
avant d'aller délivrer Orléans. Progressant
vers la petite commune, le promeneur ne
peut manquer le superbe lavoir du XIXe siècle.
Edifié par l'administration du canal, il
témoigne avec nostalgie de l'époque où les
femmes venaient y faire leurs grandes lessives
de printemps. Situé en contrebas, le lieu
offre un joli panorama de Chécy et son église
gothique, classée monument historique.
Un splendide château
Renaissance. Entre coteaux, maisons
de caractère et cultures de colza, le canal
évolue, dans une agréable fraîcheur végétale,
jusqu'à Pont-aux-Moines, terme du parcours
le plus fréquenté. Après la visite du musée
du canal à Donnery, il est possible d'embarquer
sur l'Oussance pour une croisière reposante
entre Fay-aux-Loges et Combleux. Invitation
à la découverte d'une faune et d'une flore
aquatique particulièrement riche. À cette
occasion, une flânerie dans le bourg de
Fay fera admirer l'étonnante église du XIIe
siècle, toute en pierre jusqu'au clocher.
Le canal
pénètre ensuite dans la zone domaniale de
la forêt d'Orléans. Faisant route vers Combreux,
le promeneur longe d'abord l'étang de la
Vallée, dont les 71 ha en font un véritable
pôle estival. Puis, il entre dans le bief
de partage du canal (la plus longue portion
sans écluse, soit 18,93 km et la troisième
au monde), qui mène jusqu'à Vieilles-Maisons.
Tutoyant les étangs du Brin d'amour et du
Crot aux sablons, Combreux rayonne par la
présence de son splendide château Renaissance.
Sauvage et beau.
Les berges sauvages et quasi désertes conduisent
ensuite le promeneur jusqu'à la coquette
bourgade de Sury-aux-Bois après laquelle
le canal descend vers le Sud-Est et traverse
le pont des Beignets. Il se dirige vers
Châtenoy, longeant une nouvelle fois la
forêt d'Orléans en bordure de l'étang de
la Noue Mazone. Puis, c'est de nouveau une
vue familière : l'écluse du Point de Partage
qui marque la fin du bief du même nom et
première des trois écluses de Grignon. Grignon?
L'incontournable village d'où le négociant
parisien Robert Mahieu fit démarrer la construction
du canal, en 1678, pour transporter son
bois jusqu'à Buges. Non loin de là se trouve
la rigole de Courpalet, principale rigole
d'alimentation du canal qui fournit 1 800
m3 d'eau par jour au bief de partage.
Passé Coudroy,
le canal remonte vers le Nord-Est, en direction
de Montargis laissant derrière lui un paysage
aquarellé où la douce lumière du soleil
sublime les massifs forestiers. Le marcheur
pénètre, petit à petit, dans la zone agricole
et plus dégagée du Gâtinais. Là, des champs
jaunes de colza et d'immenses près verts
s'étendent à perte de vue. Après Chailly-en-Gâtinais,
le canal traverse Chevillon-sur-Huillard.
Son église à caquetoir et sa passerelle
tournante retiendront quelques minutes le
promeneur avant qu'il ne fasse route vers
Saint-Maurice-sur-Fessard puis l'écluse
de la Folie, dernière du parcours avant
le bief de Buges.
Pour celui
qui courageusement a pu fouler les 78 km
de berges sauvages, Buges se révèle un terminus
étonnant. Point de jonction des canaux d'Orléans
et du Loing, la ville s'exprime à travers
une architecture fluviale de ponts métalliques
de style Eiffel. Autour, toute une structure
de promenade aménagée. Une ambiance guinguette
de bord de Marne annonce le passage du traditionnel
bateau-promenade de Chalet, tandis qu'une
péniche, aujourd'hui d'Amsterdam, franchit
une écluse de plus, en route vers Paris.
Les plus courageux pourront continuer cette
promenade le long des canaux du Loing ou
de Briare. Alors n'hésitez plus, à vélo,
à pied où en canoë laissez-vous tenter par
cette aventure tranquille et bucolique.
Et découvrez le département comme vous ne
l'avez jamais vu... Au fil de l'eau.
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