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Balade
au long du canal d'Orléans
Tranquillement,
entre forêts, étangs et petits bourgs,
le canal d'Orléans s'étend au fil de
ses 27 écluses. D'Orléans à Montargis,
des chemins de halage aménagés
invitent les promeneurs à découvrir
un domaine naturel unique. |
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| Une ambiance magique.
A quelques pas du pont Thinat gît une écluse
érodée par le temps : souvenir historique
indélébile des grandes heures du canal d'Orléans.
Déclassé par l'État en 1954 pour manque de
rentabilité (voir encadré historique), ce
vestige royal du XVIIe siècle n'en reste pas
moins l'une des plus remarquables curiosités
touristiques du Département. Aujourd'hui comblé
et recouvert par l'asphalte des parkings du
quai du Roi, le tracé du canal peut paraître
morne et monotone. Mais la patience du promeneur
est vite récompensée. |
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| En effet, dès le premier repère du "Cabinet
Vert" où la route s'écarte et les bruits s'apaisent,
le marcheur pénètre dans cette ambiance unique
où, pendant quelques kilomètres, il peut cheminer
sur un mince ruban pierreux séparant la Loire
et le canal accolés l'un à l'autre jusqu'à
Combleux. Les belles maisons de front de Loire
font le charme de cette portion du parcours.
Quelques colverts gourmands guettent le pain
des promeneurs tandis que les cormorans se
livrent à d'incessantes plongées à la recherche
de leur ration de poisson. |
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| Un double-visage.
Les remparts du château de Saint-Loup marquent
l'arrivée à Saint-Jean-de-Braye, jadis bourg
de vignerons et de mariniers. Sur les murs
de cet imposant édifice, l'échelle des crues
ligériennes témoigne des importantes inondations
de 1846 et 1856. Le temps de saluer quelques
joggers et VTTistes qui font du canal un véritable
parcours de santé et le touriste, poursuivant
le chemin de halage, parvient à Combleux,
élégante bourgade fleurie. Passé l'écluse
de la Patache, d'où la vue panoramique sur
la Loire reste imprenable, "L'Hôtel de la
marine" évoque avec grâce le temps où Combleux
était un port et abritait des mariniers. |
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| Parfois, une gabare amarrée rappelle la
richesse de cette histoire. Un détour par
les bords de la Loire permet est l'occasion
de contempler les maisons typiques des bateliers
ainsi que les nombreuses barques des pêcheurs.
Après l'écluse, le canal, remontant vers le
nord-est pour entrer dans les terres laisse
le fleuve plus au sud. Le second visage du
canal apparaît alors. Plus sauvage, il offre
un véritable havre de paix... Au loin Chécy
où Jeanne d'Arc traversa la Loire avant d'aller
délivrer Orléans. Progressant vers la petite
commune, le promeneur ne peut manquer le superbe
lavoir du XIXe siècle. Edifié par l'administration
du canal, il témoigne avec nostalgie de l'époque
où les femmes venaient y faire leurs grandes
lessives de printemps. Situé en contrebas,
le lieu offre un joli panorama de Chécy et
son église gothique, classée monument historique.
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| Un splendide château
Renaissance. Entre coteaux, maisons
de caractère et cultures de colza, le canal
évolue, dans une agréable fraîcheur végétale,
jusqu'à Pont-aux-Moines, terme du parcours
le plus fréquenté. Après la visite du musée
du canal à Donnery, il est possible d'embarquer
sur l'Oussance pour une croisière reposante
entre Fay-aux-Loges et Combleux. Invitation
à la découverte d'une faune et d'une flore
aquatique particulièrement riche. À cette
occasion, une flânerie dans le bourg de Fay
fera admirer l'étonnante église du XIIe siècle,
toute en pierre jusqu'au clocher. |
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| Le canal pénètre ensuite dans la zone domaniale
de la forêt d'Orléans. Faisant route vers
Combreux, le promeneur longe d'abord l'étang
de la Vallée, dont les 71 ha en font un véritable
pôle estival. Puis, il entre dans le bief
de partage du canal (la plus longue portion
sans écluse, soit 18,93 km et la troisième
au monde), qui mène jusqu'à Vieilles-Maisons.
Tutoyant les étangs du Brin d'amour et du
Crot aux sablons, Combreux rayonne par la
présence de son splendide château Renaissance. |
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| Sauvage et beau.
Les berges sauvages et quasi désertes conduisent
ensuite le promeneur jusqu'à la coquette bourgade
de Sury-aux-Bois après laquelle le canal descend
vers le Sud-Est et traverse le pont des Beignets.
Il se dirige vers Châtenoy, longeant une nouvelle
fois la forêt d'Orléans en bordure de l'étang
de la Noue Mazone. Puis, c'est de nouveau
une vue familière : l'écluse du Point de Partage
qui marque la fin du bief du même nom et première
des trois écluses de Grignon. Grignon… L'incontournable
village d'où le négociant parisien Robert
Mahieu fit démarrer la construction du canal,
en 1678, pour transporter son bois jusqu'à
Buges. Non loin de là se trouve la rigole
de Courpalet, principale rigole d'alimentation
du canal qui fournit 1 800 m3 d'eau par jour
au bief de partage. |
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| Passé Coudroy, le canal remonte vers le
Nord-Est, en direction de Montargis laissant
derrière lui un paysage aquarellé où la douce
lumière du soleil sublime les massifs forestiers.
Le marcheur pénètre, petit à petit, dans la
zone agricole et plus dégagée du Gâtinais.
Là, des champs jaunes de colza et d'immenses
près verts s'étendent à perte de vue. Après
Chailly-en-Gâtinais, le canal traverse Chevillon-sur-Huillard.
Son église à caquetoir et sa passerelle tournante
retiendront quelques minutes le promeneur
avant qu'il ne fasse route vers Saint-Maurice-sur-Fessard
puis l'écluse de la Folie, dernière du parcours
avant le bief de Buges. |
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| Pour celui qui courageusement a pu fouler
les 78 km de berges sauvages, Buges se révèle
un terminus étonnant. Point de jonction des
canaux d'Orléans et du Loing, la ville s'exprime
à travers une architecture fluviale de ponts
métalliques de style Eiffel. Autour, toute
une structure de promenade aménagée. Une ambiance
guinguette de bord de Marne annonce le passage
du traditionnel bateau-promenade de Chalet,
tandis qu'une péniche, aujourd'hui d'Amsterdam,
franchit une écluse de plus, en route vers
Paris. Les plus courageux pourront continuer
cette promenade le long des canaux du Loing
ou de Briare. Alors n'hésitez plus, à vélo,
à pied où en canoë laissez-vous tenter par
cette aventure tranquille et bucolique. Et
découvrez le département comme vous ne l'avez
jamais vu... Au fil de l'eau. |
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E.B.
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| Extrait de Reflets du Loiret n°41 (avril
1998) |
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| C'est
pratique |
Syndicat mixte
de gestion du canal d'Orléans (SMGCO)
61 bis, route de Nestin
BP 8
45450 Fay-aux-Loges
Tél. : 02 38 46 82 90
Brochure détaillée sur les balades et
bases de loisirs qui jalonnent le canal.
Base de loisirs
de l'étang de la Vallée
Située à 3 km de Vitry-aux-Loges et
30 km d'Orléans.
Tél. : 02 38 59 49 35 77.
Plan d'eau de 71 ha. Camping au 02 38
59 35 77.
Base de loisirs
de l'étang des Bois
Située à 6 km de Lorris et 45 km d'Orléans.
Tél. : 02 38 92 32 00.
Plan d'eau de 16 ha. Camping.
Croisière à
bord de l'Oussance
Promenade avec passage d'écluses entre
Fay-aux-Loges et Combleux.
Téléphoner à Loisirs Accueil Loiret
au 02 38 62 97 34 ou au secrétariat
du Syndicat du canal d'Orléans au 02
38 46 82 91.
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Le
canal d'Orléans et le Conseil
général
Propriété de l'Etat, le canal
a été mis en 1984 à la disposition
du Département du Loiret pour
50 ans. La gestion de ce domaine
est assurée depuis 1978 par le
Syndicat mixte de gestion du canal
d'Orléans et de ses annexes. Présidé
par Michel Grillon, conseiller
général et maire de Boiscommun,
ce syndicat regroupe le Département
et les 19 communes riveraines.
Plus de 7,6 millions d'euros ont
déjà été investis par le Conseil
général pour offrir une seconde
jeunesse au "domaine" du canal
d'Orléans, qu'il s'agisse de viabiliser
ses berges, de créer des pistes
cyclables, de restaurer six écluses
et leurs maisons éclusières ou
encore de réaménager les campings
de l'étang des Bois et de l'étang
de la Vallée. |
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Histoire
de canal
Si le canal existe, on le doit
bien à Robert Mahieu. En 1676,
ce négociant en bois soucieux
d'acheminer ses cargaisons vers
Paris demande au duc d'Orléans
l'autorisation de creuser un canal
entre Grignon et Buges, situé
sur le Loing et point stratégique
d'accès à la Seine. Deux ans plus
tard la voie d'eau est ouverte.
Mû par une vision commerciale
ambitieuse, Mahieu suggère alors
son prolongement jusqu'à Orléans.
Mais il est vite à cours de fonds
et Louis XIV intervient, l'obligeant
à céder son projet au duc d'Orléans.
Inquiète de cette nouvelle concurrence,
la Compagnie des Seigneurs de
Briare tente d'empêcher la réalisation
du canal Loing-Loire. Mais en
1681, au terme d'une longue bataille
juridique, le duc d'Orléans cède
à son tour ses droits à des financiers
du royaume, qui au bout de six
ans se verront reprendre la concession
du canal pour mauvaise gestion…
Le chantier est confié à Jean
de Creil, intendant de la Généralité
d'Orléans, qui achève en 1691
le canal jusqu'à Combleux, pour
un siècle de prospérité consacrant
l'axe Nantes-Orléans-Paris. En
1793, le canal devient propriété
nationale. Bonaparte en confie
la gestion en 1807 à la Régie
des Droits Réunis, et deux ans
plus tard le vend à la Compagnie
des canaux d'Orléans et du Loing.
L'exploitation est rentable mais
fragilisée par l'essor du chemin
de fer. Aussi, en 1860, l'Etat
rachète les actions de la Compagnie,
la dissout trois ans plus tard
et place le canal sous le contrôle
des Ponts et Chaussées. À la faveur
du programme national de modernisation
du réseau fluvial lancé en 1879,
son extension vers Orléans est
étudiée puis déclarée d'utilité
publique en 1907. Les travaux
débutent l'année suivante, et
le 3 juillet 1921, la nouvelle
portion Combleux-Quai de Fort
Alleaume est inaugurée. Las !
en 1954, sous le poids conjugué
de l'avènement du rail et de l'abandon
de la Loire comme voie navigable,
l'Etat déclasse le canal. Loué
en 1967 à une association de pêcheurs,
le canal est finalement mis en
1984 à la disposition du Département
du Loiret.
(d'après
" Le canal d'Orléans au fil du
temps " de Roland Rabartin , ouvrage
édité en 1993 par le Conseil général) |
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