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Information et distraction.
Dans les années 70, la création des régions fournit
un nouveau cadre de réflexion sur l'avenir de
la Sologne. En effet, espace privé, non accessible
au public, la Sologne n'avait pas connu de grand
bouleversement depuis le Second Empire. Les années
70, c'est également le début de la " vague verte
", d'où une demande soudaine de destinations de
tourisme vert. C'est enfin le lancement de l'A71,
qui met Paris à 1h30 de la Sologne. Paul Masson,
alors préfet de région, propose que la collectivité
devienne elle-même propriétaire d'un domaine et
qu'elle y accueille le public, dans un souci d'information
et de distraction.
Le projet de
"Fondation Sologne" naît en 1976, sous la forme
d'une association loi 1901. Restait à acquérir
un domaine. Le Ciran, vaste terre de 450 hectares
appartenait alors à la famille Martin qui craignait
qu'une vente n'entraîne son morcellement. L'association,
qui avait tout intérêt à conserver le Ciran tel
qu'il était, une remarquable vitrine de la Sologne,
acheta le domaine, en partenariat avec la Fédération
des chasseurs du Loiret, grâce à des subventions
de la Région et de l'Etat. L'aventure du tourisme
en Sologne pouvait commencer.
Tourisme et pédagogie.
"Le Ciran a été la première expression concrète
de la volonté d'ouvrir la Sologne au public. Les
journaux titraient à l'époque "une brèche dans
les barbelés" ! Le Ciran a démontré grandeur nature
que le tourisme était possible et souhaitable.
Ne serait-ce qu'en matière d'emploi : l'association,
la ferme, l'auberge et la fédération des chasseurs
ont créé 12 emplois, ce qui n'est pas négligeable
du point de vue du développement local. Nous avons
permis de désamorcer la psychose du tourisme-incendie-papiers-chiens
échappés. 25000 personnes passent par le Ciran
chaque année et nous avons un des plus beaux domaines
de Sologne." s'enorgueillit François-Xavier Dubois
qui, après avoir été directeur du Ciran depuis
1977, vient de choisir une nouvelle voie professionnelle.
"La propriété
poursuit-il est très représentative de tout ce
qu'on peut trouver en Sologne, pour les sols,
les paysages, les bois, les étangs, la flore et
la faune. La ferme présente un incontestable attrait
supplémentaire." Le Ciran est un domaine entièrement
tourné vers la conservation du patrimoine naturel
et l'initiation pédagogique à destination du grand
public.
En 1977, l'association a acquis 300 ha et fédération
des chasseurs 150. Au sein du massif, un partenariat
très solide s'est institué sur la gestion de la
faune sauvage.
Balades au Ciran.
Comme l'explique François-Xavier Dubois : "De
1977 à 1995, le domaine ouvrait pour des visites
de un ou plusieurs jours avec, à la carte, des
animations, des stages de découverte. Des dépliants,
un animateur étaient à la disposition du public.
En 1981, nous avons ouvert le premier gîte de
séjour de 25 lits. Un village de tentes nous permettait
également d'accueillir des groupes d'enfants.
"
Pendant ce temps,
la Sologne opère une mutation de fond. Elle se
dote d'un syndicat, les communes aménagent leurs
chemins en forêt, les initiatives touristiques
se multiplient, comme Center Parcs, véritable
vecteur de tourisme de masse. " En 1995, l'outil
du Ciran ne correspondait plus aux besoins du
tourisme en Sologne. Il a alors fallu se livrer
à un véritable examen de conscience avec Xavier
Deschamps, le président de l'association pour
la Fondation Sologne, qui est aussi vice-président
du Conseil général et maire de Marcilly-en-Villette
: que faire du Ciran ? Un parc de loisirs ? Un
zoo de la faune sauvage ? "
Ludique et pédagogique.
Les visiteurs eux-mêmes vont apporter la réponse
: on ne voit pas assez d'animaux. En 1995, il
est alors décidé un programme de 3 ans financé
par la Région et le Conseil général du Loiret,
qui aboutit à la création d'un Conservatoire de
la faune sauvage. Un parcours-découverte de 4
km est mis en place, jalonné d'une trentaine de
vitrines explicatives sur le milieu, les arbres,
insectes, oiseaux, mammifères...
Ludique, ce parcours
propose aussi des devinettes sur des animaux-mystère
à découvrir. Des observatoires ont également été
installés qui permettent de faire des affûts jusqu'au
soir et de surprendre les animaux. Les visites
guidées permettent de sortir des sentiers battus.
Les arbres ont été également étiquetés. Dans le
château, une vidéothèque propose jusqu'à 150 films
issus du festival de la faune sauvage de Lamotte-Beuvron.
Aurochs et communication.
" Le concept et l'équipement indique Francois_Xavier
Dubois sont bien établis. Nous devons désormais
porter nos efforts sur la communication et la
commercialisation. Le nouveau directeur du Ciran,
Christian de Froberville, a une formation touristique
et commerciale, tandis que je suis agronome et
forestier. C'est lui qui prend ce lourd dossier
en main. Je pars en laissant des projets intéressants
: le Ciran va développer le système des parcours,
avec un sentier-nature, juste balisé comme les
GR et un autre, mi-orientation, mi-jeu de piste.
Nous envisageons également un parcours sportif
... Et la capacité d'hébergement doit encore augmenter
de 43 à 60 lits. "
Le plus original
des projets sera la mise en place de secteurs
qui seront donnés en "pâture" à des animaux domestiques.
Au lieu d'intervenir mécaniquement pour broyer
des friches, entretenir des bords d'étangs, maintenir
en état des tourbières (tous aménagements nécessaires
à l'installation d'animaux sauvages), le Ciran
utilisera le matériel biologique : vaches, moutons,
chevaux. " Des races pas trop exotiques, ce n'est
pas notre vocation. Nous aimerions réintroduire
le mouton de race solognote, rustique, bien adaptée,
et nous pensons au cheval de Camargue ou à une
petite vache d'Ecosse. " La première espèce introduite
serait l'aurochs, qui selon François-Xavier Dubois
" trouvera tout naturellement sa place au Ciran.
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