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Un amphithéâtre de 6
000 places. Au cours du premier siècle
de notre ère, Cenabum (Orléans) ne ressemble en
rien au village d'Astérix. La cité ne résiste
plus du tout à l'envahisseur. Au contraire, la
région profite de la paix romaine. " La Loire
est l'autoroute de l'époque, un passage obligé
des échanges venus de la Méditerranée à destination
de l'Atlantique ou du nord de la Gaule. Orléans
devient un noeud commercial important. Outre Cenabum,
de nombreuses petites villes (les vicus) poussent
dans le Loiret ", explique Olivier Ruffier, archéologue
au service archéologique régional.
Les élites gauloises se romanisent et importent
le style de vie transalpin. Théâtres, lieux de
culte ou thermes fleurissent aux quatre coins
du département. Aujourd'hui, une grande partie
de tout cela a disparu. Néanmoins, dans le Loiret,
quelques belles exceptions méritent le détour.
Faites tout d'abord halte dans le Gâtinais, à
Montbouy qui était au croisement de deux importantes
voies de circulation, Sens-Bourges et Orléans-Auxerre.
" Une agglomération s'y est développée à proximité
d'un lieu de culte lié à une source ", remarque
Olivier Ruffier.
Jusqu'à 6 000 spectateurs.
Des traces de ce sanctuaire restent visibles mais
il n'est pas facile d'y accéder. Il se situe à
l'est du lieu-dit Craon, dans une presqu'île bordée
par un bras du Loing et par le canal de Briare.
Il s'agit d'un rectangle de 71m sur 61m, interrompu
au sud par un octogone où se trouvait le bassin
d'où jaillissait la source vénérée. L'amphithéâtre
qui se déploie dans le parc du château de Chenevières,
à quelques centaines de mètres de là, est plus
facile à voir. En forme d'arc de cercle, ses gradins
pouvaient accueillir jusqu'à 6 000 spectateurs
!
À quelques kilomètres au nord-ouest, Sceaux-en-Gâtinais
s'établissait sur l'axe Orléans-Sens. La cité
figurait sur les cartes routières de l'époque
sous le nom d'Aquae Segeste. Elle devait sa célébrité
à son temple dédié à Segeta, déesse de la fécondité.
Ce lieu de pèlerinage s'est, lui aussi, construit
autour d'une source sacrée. " Au lieu-dit le Préau,
la base du temple central est encore debout et
offre une bonne vision générale de l'organisation
de l'aire cultuelle ", précise Olivier Ruffier.
Salles chaudes et froides.
Prenez ensuite la direction de Pithiviers-le-Viel.
Comme son nom l'indique, la cité est l'ancêtre
de sa désormais grande voisine. À l'époque antique,
la ville était un pôle économique et religieux
régional. Aujourd'hui, au lieu-dit l'Aumonet,
au beau milieu d'un lotissement, on découvre les
fondations d'un ensemble thermal. Elles permettent
de se faire une bonne idée de ce lieu de détente
en suivant le parcours très élaboré où se succèdent
salles chaudes (caldarium), froides (frigidarium)
ou tièdes (tepidarium).
Un peu plus loin, dans le parc du château de
Pont-Chevron à Ouzouer-sur-Trézée, vous pourrez
admirer deux très belles mosaïques du IIe siècle
provenant d'un autre ensemble thermal. Elles témoignent
du raffinement de ce type de construction. Pour
achever ce périple gallo-romain, un passage par
Orléans s'avère nécessaire. Les fouilles ont prouvé
l'existence d'un forum, d'un théâtre, de bassins
cultuels et même les restes d'un aqueduc alimentant
la ville en eau. Dans le quartier Dessaux, des
aménagements portuaires ont aussi été découverts.
Mais aujourd'hui,
seuls les remparts sont visibles. Ils datent de
la fin de l'époque gallo-romaine. Au pied de la
cathédrale, la tour Sainte-Croix appartenait à
cette enceinte carrée, longue de 2km, haute de
10m et large de 3m. D'autres morceaux de la muraille
se trouvent dans le jardin de l'évêché et rue
Saint-Flou. Toutes ces découvertes montrent l'importance
de la pénétration de la civilisation romaine dans
l'Orléanais même si l'on sait que les populations
n'abandonnèrent jamais totalement leurs traditions
gauloises.
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