Quel est donc cet animal mystérieux ? Mi-homme, mi-chèvre, les explications divergent en pays solognot. Récits.
Pattes et têtes d'chieuvre. À l’approche des "jours gras", vous pourriez rencontrer une Birette ! Si pour J. Bertheau, curé de Gien, la Birette est un animal fantastique, pour P. Besnard, c’est tout bêtement un farceur qui se fait une amusette d’effrayer le monde. A. Chenal, chansonnier-poète de Fay-aux-Loges, est réservé :
"Certains vous diront qu’elle est toute blanche, d’autres qu’on la prend pour un loup-cervier, mais on ne sait pas la vérité franche." Le Glossaire du pays solognot en donne la définition suivante :
"Revenant, loup-garou, animal fantastique qui était réputé parcourir les landes pendant la nuit."J.-M. Simon s’insurge :
"La Birette ne doit pas être confondue avec le loup-garou. Elle n’a rien de commun avec lui." Une Birette est
"un être bizarre ayant des jambes et la tête d’une chèvre ou d’un bouc, le corps d’une femme ou d’un homme". Celle qu’il met en scène, dans une comédie, est une vieille femme ramasseuse de bois mort, quelque peu sorcière, qui, dans une autre vie, a eu
"une tête et des pattes d’chieuvre et un corps d’femme". Dans son
Glossaire du parler solognot, il ajoute toutefois que ce peut être un objet pour effrayer, comme une grosse citrouille évidée…
Citrouille lumineuse. À Châteauneuf-sur-Loire, M. Genevoix fait aussi allusion à
"la Birette, enveloppée d’un linceul, la tête de citrouille évidée, percée d’orbites où la lueur d’une chandelle vacillait de clins maléfiques, le tout accompagné de chaînes secouées et de cliquetis d’os". Du côté de Mareau-aux-Prés, il était également fréquent qu’à la sortie des veillées de caves les jeunes gens fassent les "gones", tentant d’effaroucher les filles à l’aide de grosses betteraves creusées et sculptées "en tête de mort".
Jouer la Birette n’était cependant pas sans risque. Que ce soit à Beaulieu, Cernoy-en-Berry, Gien, Saint-Père-sur-Loire, Vannes-sur-Cosson, les auteurs relatent des histoires de Birette où le farceur est bien souvent pris à son propre jeu. L’affaire se termine généralement par une volée de bois vert, mais parfois aussi, comme à Ousson-sur-Loire, par des coups de fusil !
C.C.