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Jardins secrets, oeuvres de passionnés

Stéphane Chassigne a ouvert en 2005 les Jardins de Roquelin à Meung-sur-Loire

Stéphane Chassigne a ouvert en 2005 les Jardins de Roquelin à Meung-sur-Loire

(E. Boutheloup)

01/09/2010
Planter, encore planter... Ils ont pris le virus jusqu’à vouloir créer leurs propres jardins. Arboretum, potager, jardins à l’anglaise, à la française, de sous-bois, etc. Autant d’écrins verdoyants que ces passionnés font découvrir pour des balades hors du temps. Rencontres avec celles et ceux qui n’hésitent pas à partager leurs jardins secrets.
Qui a dit que les jardins étaient une affaire de femme ? Pierre Paris et sa collection de 400 ilex, André Ève et ses 650 variétés de roses… La roseraie même où Stéphane Chassigne travailla plusieurs années avant de créer, à Meung-sur-Loire, ses Jardins de Roquelin. "Quand nous avons acheté cette ferme il y a douze ans, c’était un champ nu. J’ai planté une haie autour pour faire écran avec la plaine, puis j’ai dessiné mes massifs jusqu’à avoir un jardin à l’anglaise. À force de planter, je me suis dit pourquoi pas en vivre ?". En 2005, il ouvre au public une pépinière et son jardin (1 ha). "Un fouillis organisé avec des endroits plus structurés : des carrés, des triangles, mais aussi des recoins plus intimistes avec des pergolas, des plessis et un cloître de roses de quatre gloriettes qui donnent un esprit médiéval au jardin." Ainsi, le long d’allées engazonnées, dans une harmonie de rose, violine, mauve et blanc, se côtoient 450 variétés de rosiers, quelque 500 de vivaces, mais aussi cornus, hydrangéas, eucalyptus, catalpa, tulipier de Virginie et, plus rare, arbre à papier, acacia tortueux...

Des atmosphères surprenantes. A l’autre bout du département, à Triguères, Jean-Hervé Dussordet et Guy Herdhebaut mettent toute leur passion depuis 20 ans dans Les Jardins du Grand Courtoiseau : "Quand on n’est pas dans notre jardin, on va en visiter d’autres." Comme Le Jardin des Cinq Sens, à Yvoire, près du Lac Léman, sur lequel ils ont flashé : "On trouvait qu’il y avait de l’esprit dans ce jardin. On a décidé de faire appel au talent de son paysagiste, Alain Richert, pour dessiner la structure des nôtres. On a beaucoup rêvé et dessiné pendant un an et demi. On savait qu’on voulait des jardins structurés avec des atmosphères différentes." Résultat : depuis 2004, Les Jardins du Courtoiseau sont labélisés "Jardin Remarquable". Haies d’ifs taillées en topiaire du Jardin du Fauve, bassins du Jardin italien, bordures d’hostas du Jardin du Loup, tunnel de buis tricentaine du sous-bois, sorbiers du Tibet du Jardin des Antiques ou l’avenue de tilleuls du 18e, "tout ici sollicite la vue, l’ouïe et l’odorat dans une unité de jaune, rose et de bleu que rehaussent des feuillages argentés et chartreux".

Des feuillages comme des dentelles. Les feuillages fins et découpés... Le Jardin des Dentelles d’Amilly, ouvert depuis 2006, en a fait sa spécialité. "Comme ceux des acers (120 variétés), fougères, lierres, hostas, épimédiums ou encore les hydrangéas et leurs fleurs plates, appelées bonnets de dentelle : nous en avons plus de 400 variétés", expliquent Béatrice et Patrick Gellet. Au départ bois sauvage de charmes, de chênes et de ronces, Le Jardin des Dentelles (1,3 ha) a vite montré son potentiel : "Au début, on a planté pour nous : des rosiers anciens, des vivaces. Puis on a découvert les hydrangéas que l’on a développés, ainsi que tout ce qui s’adaptait à ce milieu de sous-bois ; il y a une telle variété de feuillage dans les plantes qu’on peut se permettre plein de choses !" Comme la clairière devant la maison, le sous-bois et sa rivière à l’atmosphère naturelle qui mène au jardin asiatique : "Un vrai défi, explique Patrick, par rapport au sol très argileux et compact." Aujourd’hui y poussent tilleul chinois, cornouillers persistants, sinocalycanthus, styrax…

Potager 18e. À La Bussière, c’est en vélo que Mme de Chasseval fait le tour de son jardin potager. "Des vignes, entourées de murs, transformées en potager au 18e siècle pour nourrir les quelque 50 personnes qui vivaient ici." Une allée centrale bordée de buis avec, sur le côté, des arbres fruitiers (65 variétés de poiriers, 42 de pommiers) plus que centenaires et un potager qui s’en va en mourant en perspective accélérée… "Nous sommes arrivés ici en 1958. Il y avait encore un jardinier quatre branches : légumes, fruits, fleurs et simples. Nous avons continué. À 75 ans, je n’ai jamais acheté une salade de ma vie !" Ouvert au public en 1991, le lieu regorge de plantes médicinales et condimentaires, de vivaces, rosiers et pivoines centenaires, légumes anciens, mais aussi de groseilles, cassis, coings… "Et cette année, je fais de la vente-cueillette de framboises. Je veux qu’aucun fruit ne se perde." Tailler une fleur fanée, désherber, semer, repiquer… "C’est une passion. Sans mon sécateur, je suis perdue..."

Patience et persévérance. Gants blancs et sécateur à la main, Mme de la Rochefoucauld, 81 ans, arpente, elle, l’arboretum des Grandes Bruyères en voiture électrique : sur 12 ha, 2500 taxons, 1600 espèces et 6500 ligneux, arbres et arbustes. "Je travaille six heures tous les jours. Cette forêt d’Orléans a été un coup de foudre. La bruyère était partout... On ne partait d’aucune connaissance, je ne suis pas jardinier du tout." Un voyage en Angleterre sera déterminant : "Dans une pépinière, nous avons découvert des bruyères aux feuillages, couleurs et hauteurs multiples ; ça a été une révélation. On en a rapporté et on a fait des boutures..." Des conseils avisés ont fait le reste. "Aujourd’hui nous sommes à la tête d’un arboretum et de deux collections nationales : les cornouillers, que nous avons presque tous, et les magnolias, plus de 300." Mais aussi 150 chênes différents et une réserve naturelle. "Je connais chacun de mes arbres et arbustes, s’ils sont heureux ou pas. Il faut apprendre la patience, la persévérance pour enfin avoir la récompense."

E.B.

Le Loiret aussi a la main verte

Avec ses six parcs départementaux (Parc des Dolines de Limère, Parc de la prairie du Puiseaux-Vernisson, Châteauneuf-sur-Loire, Sully-sur-Loire, château de Chamerolles, forêt de Trousse-Bois à Briare), le Loiret possède un patrimoine végétal exceptionnel de plus de 230 ha. Pour le préserver et le valoriser, il entreprend régulièrement des travaux d’aménagement. Il vient par ailleurs de lancer un inventaire de la faune et de la flore…

► Arboretums et Jardins du Loiret

Informations pratiques

  • Arboretum des Grandes Bruyères Ingrannes
Tél : 02 38 57 12 61Site web :
www.arboretumdesgrandesbruyeres.fr
  • Les Jardins de Roquelin Meung-sur-Loire
Tél : 06 70 95 37 70
www.lesjardinsderoquelin.com
  • Le Potager de la Bussière
Tél : 02 38 35 93 35
www.chateau-labussiere.com
  • Les Jardins du Grand Courtoiseau
Tél : 06 80 24 10 83
www.grand-courtoiseau.fr
  • Le Jardin des Dentelles Amilly
Tél : 02 38 98 03 74
www.lejardindesdentelles.com



Rédigé par Gwenaël Cuny

mise à jour le 1 février 2011