Sur les routes du Loiret, les cyclistes de nos clubs avalent les kilomètres sans compter. Certains sont les espoirs de demain, d'autres deviennent professionnels. Le Loiret est l'un des creusets du cyclisme international.
De bons élèves avec de bons résultats. Mais qu'est-ce qui les fait courir ? Tous autant qu'ils sont, et quel que soit leur niveau, ils ont bien du mal à répondre. Les plus aguerris roulent jusqu'à deux fois cent kilomètres chaque jour, matin et soir, pour tenir la forme et la cadence. Ils aiment la vitesse, la liberté, la route et l'esprit d'équipe. Pour les plus jeunes, c'est aussi l'occasion de pédaler avec les plus grands dans l'attente de prendre leur place.
Les cyclistes du Loiret sont de bons élèves à en juger par leurs résultats et par les commentaires des cadres techniques. David Voisé s'occupe des minimes et des juniors, mais garde un ?il sur leurs aînés.
"Nous avons quelques éléments très sérieux comme Pierre Rolland qui, à 22 ans, s'est déjà illustré dans le Paris-Nice et compte parmi les meilleurs Français de l'année".
Avec les plus grands. Parmi les clubs fournisseurs de champions, le Cercle Gambetta d'Orléans, une institution, fait office de locomotive du cyclisme départemental. Ce club centenaire, aujourd'hui dirigé par Daniel Bourgoin, est encore l'un des principaux fournisseurs de l'élite cycliste sur route et sur piste. Il partage avec l'UCO et Chalette-sur-Loing le privilège de rouler en Division Nationale 2, l'antichambre du cyclisme professionnel.
"Il nous arrive souvent de côtoyer les plus grands, explique Daniel Bourgoin,
ce qui est une formidable motivation pour les plus jeunes qui se destinent à des carrières de champions". Parmi eux, on citera bien sûr Benjamin Gault qui, à 21 ans, a déjà signé une victoire d'étape aux Plages Vendéennes, conquis la première marche du podium aux "4 cantons" à Moulin et une 23
e place à la "Tourangelle". D'autres noms sont à jamais inscrits au tableau d'honneur du cercle Gambetta : Pierre Rolland l'a quitté il n'y a pas si longtemps pour rejoindre le circuit continental avant d'entrer dans le Pro-Tour au sein de la formation Crédit Agricole. Idem pour William Bonnet ou encore Nicolas Cotret aujourd'hui en DN1 à Aix-en-Provence.
Regrouper les forces vives. Le Cercle Gambetta compte environ 80 licenciés dont une douzaine de coureurs de première catégorie et un budget qui avoisine les 190.000 euros. C'est encore peu en comparaison des 300.000 euros d'un club de DN1, la catégorie juste supérieure. Mais le club tire bien son épingle du jeu et d'autres cherchent par tous les moyens à lui "coller à la roue". Daniel Bourgoin milite pour une concentration des efforts, humains et matériels.
"Nous avons un formidable potentiel dans le département, explique-t-il,
mais le cyclisme sur route est très coûteux, il faut à mon sens créer un vrai pôle cyclisme qui serait alimenté par les pépinières que sont nos clubs". Les juniors les plus prometteurs issus des écoles locales rejoindraient le pôle et se formeraient jusqu'à 25 ans pour atteindre le très haut niveau. Ceux qui ne parviendraient pas à se hisser dans l'élite auraient malgré tout un niveau très suffisant pour servir les clubs et accomplir un indispensable travail de formation. Car la difficulté du moment est double. D'une part, le manque de bénévoles est criant (outre l'encadrement, il faut une quinzaine de "signaleurs" par course à la croisée des routes), et les moyens financiers augmentent proportionnellement au niveau.
"Chaque coureur roule environ 30 000 km par an, ce qui suppose l'achat d'un vélo neuf de 4.500 euros à chaque début de saison." Ajoutons que pour des raisons de sécurité, le kit chaîne est changé tous les mois et que les équipes de 6 à 8 engagés se déplacent avec au minimum une camionnette et une voiture break imposée par la réglementation.
"Tout ce que nous consommons pour l'élite, c'est autant de moins pour nos jeunes élèves" conclut Daniel Bourgoin. Dans cette course à l'équipement et aux médailles, le Conseil général participe largement, aux côtés souvent des agglomérations et de la Région. Un investissement récompensé par de belles victoires !
S.d.L.