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Noël, c'est fantastique !

La veillée de Noël en Berry.

La veillée de Noël en Berry.

(Dessin de Maurice Sand. «L'illustration» 25 novembre 1852)

29/12/2000
Terre qui s'ouvre, animaux qui parlent, pierres qui se déplacent... Il s'en passe de belles pendant la nuit de Noël. Et le Loiret ne déroge pas à la règle...
Des phénomènes merveilleux. La nuit de Noël, selon certains, les animaux discutent bruyamment. Mieux vaut toutefois ne pas tenter de vérifier ce prodige. Jules Lenormand qui vécut en petite Beauce jusqu'en 1866 raconte qu'un cultivateur trop curieux fut puni pour être allé dans son écurie écouter parler ses chevaux. Il entendit le premier cheval demander à son voisin ce qu'il ferait le lendemain, lequel répondit "nous conduirons notre maître en terre". Et c'est ce qui arriva au malheureux. Toujours durant cette fameuse nuit, au moment des 12 coups de minuit, en maints endroits, la terre s'ouvre ou les pierres monumentales se déplacent découvrant un trésor.

Ces phénomènes se produiraient dans le Loiret à Chanteau, Gien, Lion-en-Sullias, Louzouer, Tavers ou Tigy. Ainsi, à Tavers, selon Jacques-Nicolas Pellieux (1822), "les bonnes gens du canton de Beaugency appellent le dolmen de la Feularde "la Pierre qui tourne", parce que, disent-ils, tous les ans, la nuit de Noël, et à l'heure de minuit précise, cette pierre tourne, mais avec une telle vitesse qu'on ne peut la voir tourner". L'opinion populaire, ajoute-t-il, pense qu'elle dissimule un trésor mais malheur à qui le découvrirait en premier : il périra dans l'année !

La bûche et le pain de Noël.
De nombreuses croyances étaient aussi attachées à la bûche rituelle, symbole de la véritable bûche brûlée dans chaque foyer la nuit de Noël Dans les traités d'orthographe "françoise" du XVIIIème siècle, celle-ci est appelée "tréfau" ou "tréfeujeau". De fait, on retrouvait, il y a une centaine d'années, dans nos campagnes les appellations : tréfau, terfau, tréfou, terfou ou terfois. Ce préfixe "tre" ou "ter" étant utilisé parce que cette bûche devait brûler durant 3 jours ou du moins durant les 3 messes de Noël. Les restes du bois ainsi consumés étaient censés préserver les maisons de la foudre, protéger les semences et les bêtes et même guérir de la rage !

Enfin, surtout en Sologne, la messe de minuit était la fête des bergères. Celles-ci vêtues de blanc, prenaient place au premier rang chacune tenant un cierge allumé. Elles faisaient alors bénir un pain, cuit dans le four familial, qu'elles offraient au retour à leurs moutons. Ce "pain de Noël" pouvait aussi se garder pour préserver tous les animaux de la maladie durant l'année et notamment aider les femelles lors des délivrances. Jean-Baptiste Thiers (curé beauceron), dès le XVIIème siècle, s'élève contre cette pratique : "s'imaginer que le pain cuit la veille de Noël se peut garder dix ans sans se corrompre, et qu'il préserve les vaches de bien des maux, quand elles le mangent dans leur breuvage est pure superstition".

C.Chenault




Rédigé par Alexandre Varagic

mise à jour le 27 octobre 2011