Des centaines de personnes étaient de nouveau réunies le 24 novembre à Orléans pour participer à une réunion publique sur la ligne à grande vitesse (LGV) Paris – Orléans – Clermont-Ferrand – Lyon (Pocl), prévue à l’horizon 2025. Thème de la soirée : l’économie du projet et son financement.
La question du financement. "Aucun projet n’est sorti indemne du débat public". Michel Gaillard, président de la Commission particulière du débat public (CPDP), organisatrice de l’ensemble des réunions de concertation (qui prendront fin le 31 janvier 2012), a tenu à le rappeler d’emblée. Autrement dit, tout projet soumis à débat public peut être accepté, largement amendé ou rejeté, à l’issue de la concertation ou faute de financements suffisants, a-t-il été indiqué au début de cette réunion marquée par deux heures d’exposés savants.
Il a ainsi été rappelé un certain nombre de faits essentiels. Ce Pocl coûtera entre 12,2 et 14 milliards d’euros (soit 23 à 26 millions d’euros par km) selon le tracé retenu parmi les 4 (ouest, ouest-sud, médian et est) soumis au débat. Le tiers du financement sera assuré par Réseau ferré de France (RFF), c’est-à-dire par le client (une partie du prix du billet étant reversé par la SNCF à RFF), et le reste sera financé par le contribuable, puisque tant les collectivités locales que l’Etat et l’Union européenne devront subventionner ce projet structurant. Pour la première fois depuis le début du débat public, RFF a d’ailleurs avancé le montant approximatif de ce qui pourrait être sa participation : 2 à 4 milliards d’euros, soit 15 à 25 % de la facture totale, selon le tracé retenu.
Levée de boucliers en faveur du tracé ouest. Alain Chausse, chargé d’études socio-économique au sein de la mission Pocl, a de son côté présenté une approche de la valeur actualisée nette (VAN) du projet, c’est-à-dire le rapport coût/avantages, le bilan des "+" et des "-" de la future LGV : des dizaines de milliers d’emplois durant la construction, des gains de temps considérables pour les voyageurs (Paris - Clermont en 2 heures) représentant 60 % des avantages attendus et d’une manière générale une création de richesse dans la majorité des scénarios retenus.
Michel Leboeuf, directeur Grand projets et prospectives SNCF, s’est attiré les foudres de l’assistance lorsqu’il a expliqué que les tracés susceptibles de coûter le moins cher (parce que traversant le plus de régions) seraient les tracés Médian sud et Est, avec des trains roulant à 360 km/heure, mais qui évite Orléans, Vierzon et Bourges… Les représentants des collectivités locales, le porte-parole des entreprises et le public ont alors pris la parole pour réfuter ce scénario qui ne prend en considération que l’argument gain de temps, néglige l’impératif d’aménagement du territoire du grand Centre, ainsi que l’attractivité croissante du Loiret et de l’agglomération orléanaise. Les tracés Ouest et Ouest Sud, qui passent par Orléans, restent donc plus que jamais les options ardemment défendues par les collectivités, au premier rang desquelles le Conseil général de Loiret.
C.G.
Le Conseil général soutient la Ligne à grande vitesse
Engagé en faveur des infrastructures et des projets structurants, le Conseil général du Loiret apporte tout son soutien à la réalisation d’une future ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon (Pocl). Et il prend une part active au débat public en cours.
Éric Doligé, Président du Conseil général, considère qu'
"au-delà des aspects strictement financiers ou environnementaux par exemple, il nous faut, lorsque l’on se prononce sur un projet structurant d’avenir comme la LGV Paris-Orléans-Clermont-Lyon, prendre en compte le critère majeur de l’aménagement du territoire." Jusqu’au 25 janvier prochain (date de la réunion de clôture du débat public à Orléans), RFF présente, lors de réunions publiques, quatre scénarios d’implantation d’une potentielle future LGV : le scénario Ouest-Sud, le scénario Ouest (tous deux passent par Orléans), le scénario Médian et le scénario Est (qui desservent la capitale régionale indirectement).
"Nous allons déposer des cahiers d’acteurs (*), a également indiqué Eric Doligé, qui est par ailleurs membre du bureau de l’association TGV Grand Centre. Des cahiers au nom du Conseil général ou de l’Agence de développement économique du Loiret, qui montreront à quel point les tracés Ouest et Ouest-Sud sont les plus à-même de contribuer au développement économique et touristique du département." Pour le Conseil général du Loiret, une LGV empruntant les tracés ouest et sud-ouest améliorerait non seulement les trajets vers Paris et le sud de la France, mais également ceux vers les zones aéroportuaires d’Orly et de Roissy. Le Département soutient donc ce projet, à l’instar de son investissement en faveur de l’autoroute A19 (ouverte en 2009), d’un réseau départemental Très haut débit, d’une plateforme train-route pour l’éco-fret, des liaisons ferroviaires Orléans-Chartres et Orléans-Châteauneuf, de nombreuses zones d’activités.
(*) contributions écrites des acteurs locaux destinées à publication par la Commission particulière du débat public (CPDP)